En France, la loi punit sévèrement les atteintes sexuelles. Pourtant cela ne suffit pas toujours pour que les victimes se sentent protégées et osent porter plainte. Ces violences peuvent être traumatisantes et laissent des traces dans la vie des victimes.

Quand on est victime d’un viol, d’une agression sexuelle ou de harcèlement, il est important de pouvoir être écouté·e, soutenu·e et accompagné·e.

Viol, agression sexuelle, harcèlement ? C’est quoi la différence ?

Le viol

Le viol est un crime. C’est une atteinte sexuelle avec un acte de pénétration (anale, vaginale ou buccale) commis sans le consentement de la victime. Il peut être commis par violence, contrainte, menace ou surprise, avec un sexe, un doigt ou un objet. Cependant, il n’est pas nécessaire que l’acte soit accompagné de violences pour être qualifié de viol.

Tout le monde peut être victime de viol, y compris les garçons et les enfants. Le code pénal reconnaît aussi le viol entre époux. La prévoit des peines jusqu’à 15 ans de prison pour l’auteur·ice d’un viol. En France, tu peux dénoncer un viol longtemps après les faits :

  • 10 ans après le viol si la victime est une personne majeure ;
  • 30 ans après si la victime était mineure au moment du viol.

L’agression sexuelle

L’agression sexuelle est toute atteinte sexuelle sans pénétration commise sur une victime avec violence, contrainte ou menace.

Une agression sexuelle est un délit. C’est une atteinte sexuelle sans pénétration commise sans le consentement de la victime. Elle peut être commise par violence, contrainte, menace ou surprise : les attouchements, l’exhibitionnisme sexuel (le fait de se montrer nu·e sans le consentement de l’autre), le harcèlement sexuel, ou encore le fait de forcer quelqu’un·e à regarder des films ou des magazines pornographiques sans son consentement. La loi punit l’auteur·ice d’une agression sexuelle de 5 ans à 7 ans de prison.

Le harcèlement sexuel

Le harcèlement sexuel est un délit quelque soit les liens entre l’auteur·ice et la victime. C’est le fait d’imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle ou sexiste qui sont offensants, dégradants, humiliants, hostiles ou offensants. La loi prévoit des peines de 2 à 3 ans de prison pour une personne coupable de harcèlement sexuel.

Le fait, même non répété, de faire pression sur quelqu’un dans le but réel ou apparent d’obtenir un acte sexuel est aussi considéré comme du harcèlement sexuel. Le harcèlement sexuel peut être verbal, psychologique et/ou physique. Il peut avoir lieu dans n’importe quel cadre (professionnel, de loisirs, scolaire, universitaire, conjugal…).

Il est important que la victime rompe ce processus en en parlant aux personnes compétentes le plus tôt possible. Des espaces d’écoute anonymes et gratuits ainsi que des possibilités d’accompagnement sur un plan juridique existent et peuvent s’avérer essentiels pour se reconstruire.

Tu as été victime d’un viol, d’une agression sexuelle ou de harcèlement ?

Si tu es victime ou témoin d’un viol, d’une agression sexuelle ou de harcèlement, il existe des endroits où tu peux parler anonymement et être écouté·e sans être jugé·e. Tu pourras alors exprimer tes émotions et, si tu le souhaites, être mis·e en contact avec des conseillèr·e·s qui ont l’habitude de ce genre de situations. Des personnes qui te croiront et qui pourront t’aider.

Quand on est victime, oser parler est un premier pas pour rompre le processus et commencer à se reconstruire.

Le Planning Familial de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur est à ton écoute pour t’aider à avancer sur simple visite, rendez-vous ou par téléphone au 0 800 08 11 11 (appel anonyme et gratuit).

Oser porter plainte, même si c’est difficile

Parfois, les victimes de viol, d’agression sexuelle ou de harcèlement hésitent à porter plainte. Pourquoi ?

  • l’agresseur est souvent un proche de la victime, parfois même dans la famille ;
  • la victime se sent parfois responsable de ce qui s’est passé. Ce n’est pourtant pas le cas ;
  • la victime a parfois honte et le sentiment d’avoir été salie. Elle refuse alors de parler ;
  • la victime craint parfois les conséquences de ses aveux pour ses proches ou pour elle-même ;
  • lorsqu’une victime a le courage de parler, il arrive que certain·e·s ne la croient pas alors qu’elle voudrait être comprise et soutenue.