Sexe, genre, orientation sexuelle, tu peux avoir des difficultés à différencier ces termes. Tu peux aussi te questionner et avoir des doutes sur ton identité. Voici quelques pistes de réflexion.

Qu’est-ce que le sexe biologique ?

Dans le langage courant, le sexe d’une personne désigne ses organes génitaux ainsi que son identité biologique, le plus souvent masculine ou féminine. Cette identité biologique est définie à partir de plusieurs caractéristiques sexuelles : les organes sexuels (externes et internes), les hormones, les chromosomes…

Une personne pour qui l’ensemble de ces caractéristiques sexuelles correspondent au type biologique standard féminin ou bien au type biologique standard masculin, est dyadique. Par exemple, tu es une fille dyadique quand tu as des organes sexuels, des hormones, des chromosomes qui correspondent au type standard féminin.

Une personne dont certaines caractéristiques sexuelles correspondent au type biologique standard féminin, d’autres au type biologique masculin ou bien à aucun de ces types, est intersexe. Par exemple tu es un garçon intersexe quand tu as certaines caractéristiques sexuelles attribuées au sexe masculin et d’autres caractéristiques qui ne correspondent pas au type standard masculin. Tu es un garçon parce qu’on t’a élevé comme un garçon et/ou parce que tu te vis comme un garçon.

Biologiquement on est donc soit intersexe, soit dyadique (ce qui veut dire non intersexe).

Être intersexe est bien plus fréquent qu’on ne le pense souvent. Les variations biologiques hors des types biologiques standards sont aussi naturelles que les types biologiques.

Malheureusement ces variations sont très souvent perçues comme anormales et devant être corrigées. Quand on est intersexe on peut être particulièrement exposé.e à des mutilations génitales – ce sont des opérations qui ont pour but de faire ressembler les organes génitaux aux standards mâle ou femelle (ces pratiques ont été reconnues comme torture par l’ONU). Des personnes intersexes se réunissent et s’organisent ensemble pour se soutenir et lutter contre ces violences, comme par exemple le Collectif Intersexe et Allié.e.s.

Qu’est-ce que l’identité de genre ?

L’identité biologique est différente de l’identité de genre. L’identité de genre correspond au genre dans lequel on vit ou on souhaite vivre. Ainsi, tu peux vivre ou souhaiter vivre dans le genre féminin, dans le genre masculin, dans aucun des deux ou ni exclusivement dans l’un ou l’autre  – et ceci quelque soit le genre qu’on t’a assigné à la naissance et quelque soit aussi ton sexe biologique.

Tu es trans quand tu vis ou que tu souhaites vivre dans un genre différent de celui qui t’as été assigné à la naissance. Ne pas se sentir en adéquation avec son genre assigné à la naissance ne signifie pas que l’on soit en adéquation avec l’autre genre. Tu peux ne pas te retrouver dans le système binaire de genre (féminin/masculin) et te considérer comme non binaire, ou de genre fluide. 

Tu es cisgenre quand tu vis dans le genre qui t’a été assigné à la naissance.

Faire une transition 

Pour vivre dans un genre différent de celui qui t’a été assigné à la naissance, tu vas faire ou tu as fait une transition. Une transition c’est un ensemble d’actions, de changements qu’on peut faire pour être reconnu·e dans le genre qu’on souhaite. Par exemple, tu peux vouloir changer d’état civil (de prénom et/ou de genre sur tes papiers d’identité).

Tu peux aussi demander à ce qu’on (ou que certaines personnes) arrête d’utiliser le pronom « il » pour parler de toi, mais qu’on utilise plutôt le pronom « elle » ou « ielle ».

Tu peux aussi avoir envie de changements corporels, par exemple que ta voix, ta poitrine, tes poils et/ou ton sexe changent. Prendre des hormones permet certains changements corporels.

Tu peux aussi souhaiter faire une ou plusieurs opérations chirurgicales. Faire ces changements corporels demande à être suivi.e ou accompagné.e par un ou des médecin(s).

C’est important que tu puisses disposer librement de ton corps et de ton identité et que tu puisses transitionner selon ton rythme, tes envies et tes besoins. Tu peux vouloir changer d’état civil ou non, modifier ton corps ou non, avec ou sans chirurgie, avec ou sans hormones…

En terme de transition il ne devrait pas y avoir de normes, ni de parcours tout indiqué. Malheureusement, pour être reconnu.e dans le genre qu’on souhaite sur ses papiers, on doit faire face à un parcours médical et légal très complexe.

Rendre le parcours de transition aussi complexe et pénible est un frein à l’accès au droit pour les personnes trans et donc une forme de violence.

Faire son coming out ou pas, en tant que trans 

Ça peut être pénible quand des personnes ne reconnaissent pas le genre dans lequel on se vit. Par exemple quand on nous perçoit fille alors qu’on se vit garçon et qu’on nous dise « elle » alors qu’on se sent « il ». Peut-être n’as-tu pas encore parlé de ton identité de genre avec tes proches, ni autour de toi. Peut-être ta famille ou tes ami.e.s s’adressent à toi comme ielles l’ont fait depuis ta naissance et avec un pronom et/ou un prénom qui ne te correspondent pas.

Quelque soit ton apparence – on parle aussi de passing – tu peux vouloir que ton genre soit reconnu et respecté et tu en as le droit. Tu peux par exemple demander qu’on utilise le prénom que tu t’es choisis, ou qu’on change de pronom pour te parler.

Le coming out (dire qu’on est trans) est un moment qu’on peut redouter, désirer, décaler, refuser, préparer, improviser…  On peut souhaiter faire son coming out à ses ami.e.s mais pas à sa famille, ou inversement… On se out souvent plusieurs fois, auprès de tels ami.e.s, de ses parents, de ses collègues, de ses cousin.e.s, d’autres ami.e.s… On peut aussi décider de ne pas faire son coming out à certaines personnes et qu’elles ne connaissent donc jamais le genre dans lequel on se vit. C’est à toi de choisir à qui, quand et comment tu veux parler de ton identité de genre.

Faire son coming out peut permettre que les proches et moins proches te reconnaissent tel que tu te vis. Tu peux te sentir soulager, plus sûr.e, serein.e… Ce moment peut aussi te rapprocher ou au contraire t’éloigner de certaines personnes selon leurs réactions.

Tu t’en doutes, faire son coming out peut exposer à des violences (rejets, injures, violences physiques…). Ça peut être important d’évaluer ces risques comme ça peut être aidant de préparer ton/tes coming out. Pourquoi pas, si c’est possible, être accompagné·e et soutenu·e par des personnes qui seraient là pendant et/ou autour de ton/tes coming out?

Qu’est-ce que l’orientation sexuelle ?

L’orientation sexuelle indique les préférences d’une personne quant à ses partenaires. L’hétérosexualité (un couple homme/femme), même si elle est le modèle dominant, n’est pas une tendance unique.

Les homosexuel·le·s ressentent une attirance physique pour les personnes de même sexe, les bisexuel·le·s pour les personnes des deux sexes, les asexuel·le·s ne ressentent aucune attirance physique.

Est-ce normal d’avoir des doutes sur son orientation ?

Les orientations sexuelles peuvent évoluer au cours de la vie et en fonction des rencontres. Il existe une multitude de possibilités, d’histoires d’amour et d’attirances. Se poser des questions est normal, surtout à l’adolescence car c’est une période d’évolution et de découverte.

Parfois, il n’est pas évident d’assumer une orientation qui n’est pas toujours bien acceptée par la société.

Si tu es confronté·e à des doutes, des violences ou des discriminations, il est important que tu puisses parler à une personne qui saura t’écouter sans te juger.