Les violences intrafamiliales sont toutes les violences qui surviennent au sein de la famille. Dans la loi, ces violences sont décrites comme toute situation où « la santé, la sécurité ou la moralité d’un mineur sont en danger » (art. 375 du code civil). Il existe différents types de violences. Il est plus ou moins facile de reconnaitre ces violences, car certaines ne laissent pas de traces visibles. Dans certains cas, on s’est habitué à ces violences, parce qu’on les vit depuis qu’on est très jeune ou bien qu’on en est témoin depuis longtemps : c’est devenu habituel, normal ou acceptable. Ça peut devenir difficile de se dire « ce que je vis ou ce que je vois, ce sont des violences et ce n’est pas normal et acceptable. »

A savoir

Il est important de savoir que l’endroit où les enfants sont le plus à risque de vivre des violences, c’est la famille. Pas dans la rue ou à l’école. Dans la grande majorité des cas, ces violences sont commises par des personnes connues de la victime.

Pour aider à identifier les violences, voici des catégories.

Les différentes formes de violences intrafamiliales

Les violences éducatives ordinaires

Les violences éducatives ordinaires sont des comportements violents utilisés dans l’éducation des enfants, souvent pour les punir. On dit « éducatives » car les adultes pensent qu’elles ont une valeur éducative et « ordinaires » parce qu’elles sont très fréquentes et parfois considérées comme normales. Elles peuvent être physiques, psychologiques ou verbales.

Par exemple :

  • Physiques : les fessées, les tapes sur la tête, pincer les oreilles, attraper par le cou, etc.
  • Psychologiques : les menaces, le chantage, les moqueries, l’humiliation, la négation des émotions de l’enfant, etc.
  • Verbales : les insultes, les cris, etc.
  • Alimentaires : forcer à finir son assiette, privation de nourriture, régimes imposés ; etc.

Ces violences sont interdites par la loi. Aucune bêtise ou comportement d’un enfant ne justifie que ses parents réagissent de manière violente.

Les violences physiques

Tout acte violent sur le corps d’une autre personne : les coups, les gifles, tirer les cheveux, pousser, etc.

Les violences verbales

Toute parole ou mot violent adressé à une autre personne : insultes verbales ou par sms, cris, propos rabaissants, etc.

Violences psychologiques

Toute parole ou comportement créant de la souffrance psychologique : chantage direct ou en ligne, humiliation, refus de parler, dévalorisation, le contrôle, le harcèlement de messages, la géolocalisation, etc.

Violences sexuelles

Les violences sexuelles, quand elles ont lieu au sein de la famille, sont qualifiées d’incestueuses. Elles peuvent être commises par un adulte ou par un autre enfant. Au regard de la loi, l’inceste concerne les personnes d’une même famille :

  • Ascendants : parents, grands-parents ;
  • Un frère, une sœur, un oncle, une tante, un grand-oncle, une grand-tante, un neveu ou une nièce ;
  • Les conjoints de toutes ces personnes, par exemple : beau-père et belle-mère.

Les violences sexuelles peuvent être physiques. Quand une personne touche les parties intimes d’une autre, c’est une agression sexuelle. Les parties intimes sont : le sexe, la poitrine, les fesses, l’intérieur des cuisses et la bouche. Quand une personne force une autre à avoir un rapport avec pénétration ou un rapport oro-génital (fellation, cunillingus, anullingus), c’est un viol.

Les violences sexuelles peuvent aussi être verbales ou psychologiques. Parfois on parle de climat incestuel. C’est l’ensemble des comportements et paroles qui sexualisent ou avec une connotation sexuelle. Beaucoup de personnes témoignent qu’elles vivaient sous la menace de vivre une agression sexuelle ou un viol, mais ça n’arrivait pas. C’est souvent très difficile à identifier car c’est un ensemble de choses. Prises isolées, tous ces faits peuvent ne pas nous paraitre graves, mais ensemble, c’est ce qu’on appelle aussi du harcèlement sexuel incestueux ou familial. C’est par exemple :

  • de commenter de manière sexualisante le corps des enfants (« tiens tu as des seins de femme maintenant »), lors d’un repas familial comme sur une boucle de conversations whatsapp
  • d’inciter à démarrer une sexualité et de poser des questions dessus
  • de montrer des vidéos, images ou dessins à caractère pornographique
  • que la porte des parents ne soit pas fermer lors des rapports sexuels
  • de se balader nu tout le temps
  • de faire de son enfant le ou la confidente de sa vie amoureuse et sexuelle

Les conséquences des violences

Les violences intra-familiales ont des impacts plus ou moins forts sur la vie des victimes. Ces conséquences peuvent être physiques ou psychologiques. Vivre des violences peut atteindre notre santé mentale et notre estime de soi. Cela peut aussi rendre difficile d’avoir des relations sereines et agréables avec les autres. Plus les violences sont répétées sur des années, plus les conséquences peuvent être graves.

En parler et demander de l’aide

Il peut être très difficile de dénoncer et de parler des violences que l’on vit dans notre famille. On peut avoir peur de ne pas être crue, des représailles ou encore d’être séparé de notre famille. Il est important de ne pas rester seule et de trouver un adulte en qui on a confiance pour en parler. Le rôle des adultes est de protéger les enfants et adolescents contre les violences.

Quels sont tes droits ?

Toute ces violences sont interdites par la loi. Tu peux porter plainte en ton nom, sans l’accord de tes parents. Nous te recommandons d’être accompagné pour le faire.

Tu peux appeler le 119, qui est le numéro national pour l’enfance en danger, tu peux aussi appeler le numéro vert 0800 08 11 11 ou te rendre dans un centre du Planning Familial.

À retenir

  • Les violences intrafamiliales peuvent être physiques, verbales, psychologiques, sexuelles ou prendre la forme de violences éducatives ordinaires. Elles sont interdites par la loi.
  • Les violences ne laissent pas toujours de traces visibles et peuvent sembler « normales » lorsqu’elles se répètent depuis longtemps. Pourtant, elles ne le sont jamais.
  • Les conséquences peuvent être importantes sur la santé physique, mentale, l’estime de soi et les relations avec les autres, surtout lorsqu’elles durent dans le temps.
  • Si tu es victime ou témoin de violences, n’en reste pas seul : parle-en à un adulte de confiance ou contacte une structure d’aide comme le 119.