Il est plus ou moins facile de savoir si on est victime de violences. Dans certains cas, on s’est habitué à ces violences, parce qu’on les vit depuis qu’on est très jeune ou bien qu’on en est témoin depuis longtemps, c’est devenu habituel. Ça peut devenir difficile de se dire « ce que je vis ou ce que je vois ce sont des violences. » C’est d’autant plus difficile dans le cas des violences intrafamiliales.
Pourquoi est-ce parfois si difficile de les reconnaître ?
On entend souvent que la famille est le lieu de la sécurité et de l’amour, alors quand arrive des violences dans la famille ça peut paraitre contradictoire. Si c’est notre père, notre mère ou notre frère qui est violent avec nous, que c’est une personne qu’on aime malgré tout, cela peut rendre encore plus difficile d’identifier et de dénoncer ces violences. On peut avoir peur des représailles et en même temps peur de perdre l’amour de cette personne où qu’elle soit punie. Même si on aime cette personne, il est important de se dire que personne n’a le droit d’être violent avec nous.
Les violences ne sont pas toujours visibles
Il y a des violences qui sont plus simples à identifier que d’autres parce qu’elles laissent des traces sur le corps, comme les coups, il y a des mots qui blessent, comme les insultes ou encore des comportements qui nous attaquent comme une agression sexuelle ou un viol.
Les violences invisibles
D’autres violences sont moins explicites et plus diffuses dans un ensemble de comportements et de parole comme l’humiliation, le contrôle, la dévalorisation…
Le Collectif Enfantiste a créé cet iceberg des violences faites aux enfants, cet outil peut aider à comprendre notre situation. Le Collectif Enfantiste est un collectif qui lutte pour la défense des droits des enfants et contre les violences faites aux enfants.
Écouter ses émotions
Ce qui peut aussi nous aider à savoir si on vit des violences ce sont nos émotions et nos ressentis : est-ce qu’on est mal à l’aise, on a peur, on ne se sent pas bien dans un endroit particulier ou lorsqu’une personne spécifique est avec nous… Nos émotions sont comme une boussole, elles sont comme des signaux d’alerte et nous permettent de prendre des décisions pour nous protéger.
Les conséquences des violences
L’amnésie traumatique
Il arrive aussi que lorsqu’on vit des violences intrafamiliales dans l’enfance, surtout si celles-ci sont répétées et durent pendant longtemps, notre cerveau pour nous protéger, nous fait oublier. On appelle ça l’amnésie traumatique. C’est souvent le cas pour les victimes d’inceste. L’amnésie traumatique peut durer pendant des années. Parfois les souvenirs reviennent sous forme de flash et ça peut être très difficile à vivre et nous faire souffrir. Dans ces cas-là, cela peut nous aider d’en parler avec un ou une professionnelle spécialiste de l’accompagnement des personnes ayant été victime de violences.
Les conséquences sur la santé mentale
D’autres personnes se souviennent de tout et peuvent développer des conséquences plus ou moins impactantes sur leur vie. Vivre des violences affecte notre santé mentale : on peut ressentir de l’angoisse, de l’anxiété, faire des cauchemars, ressentir de l’agressivité… Certaines personnes ressentent un tel mal-être qu’elles peuvent avoir envie que ça s’arrête et on des pensées suicidaires voire font une ou des tentatives de suicides. Dans ces cas là on peut appeler le 3114, qui est la ligne de prévention des risques suicidaires. On peut aussi consulter un ou une spécialiste de la santé mentale (psychologue ou psychiatre).
Ne reste pas seul-seule
Que tu ais un doute ou pas sur ce que tu vis, il est très important de ne pas rester seule et d’en parler à quelqu’un en qui tu as confiance. Cela peut être difficile d’en parler à une personne adulte, tu peux avoir peur qu’il ou elle ne te croit pas ou minimise ce que tu vis. Une des missions des adultes est de protéger les enfants contre les violences, ce n’est pas à toi de trouver seule la solution pour que les violences s’arrêtent. Tu peux en parler à un ou une professeure, à l’assistante sociale de ton collège ou lycée… tu peux aussi te rendre dans un centre du Planning Familial, appeler le numéro vert ou aller sur le tchat.
À retenir
- Les violences ne sont pas toujours faciles à reconnaître, surtout lorsqu’elles sont répétées ou commises par une personne que l’on aime.
- Elles peuvent être visibles ou invisibles, mais toutes peuvent avoir des conséquences importantes sur la santé et le bien-être.
- Tes émotions et ton ressenti sont des signaux importants : si une situation te fait peur ou te met mal à l’aise, il est important de les écouter.
- Si tu penses vivre des violences ou que tu as un doute, n’en reste pas seul-seule : parle-en à une personne de confiance ou à un professionnel.